Dimanche 18 janvier 2009 7 18 /01 /Jan /2009 00:00
 
  1. Des comportements alimentaires genrés?


 

Paola TABET, dans son ouvrage La construction sociale de l'inégalité des sexes, Des outils et des corps, nous explique que dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs, les femmes étaient exclus de la chasse et par la même de l'usage des armes ainsi que des outils, ainsi elles ne pouvaient, selon l'auteure, accéder aux activités valorisantes et étaient sans cesse reléguées au second plan. Nous voudrions partir de ce constat pour montrer que si l'outil est le prolongement de la main de l'homme et que la femme en est privée, elle est du même coup contrainte d'utiliser son propre corps comme un outils. Or, un outils s'améliore, on recherche de nouvelles technologies, on se spécialise dans l'usage d'un outils qu'on va alors mieux utiliser. Ainsi, quand l'homme aiguise sont couteau, celui qui le protège et compense ses faiblesses, la femme se concentre sur son corps et tente d'en faire le meilleur outils de son ascension sociale, son assurance d'avoir le meilleur homme possible1. L'amélioration de son outil consistera alors à modeler son corps pour qu'il colle aux normes en vigueur dans la société donnée, en matière d'esthétique ou encore de signes extérieurs de richesse (l'embonpoint pouvant être le signe d'un bon statut social, dans certains pays africains notamment).

Dans notre société, il semble évident que la norme est la minceur, voire la maigreur, il suffit d'ouvrir un magazine de mode, ou simplement de lire les gros titres d'un magazine féminin à l'approche de l'été ou au moment des fêtes de Noël et du jour de l'an...Des régimes par dizaine vous seront proposés, les produits light se multiplient dans les rayons de nos supermarchés et les publicités ayant attrait à la nourriture sont systématiquement accompagnées du slogan « Pour votre santé, manger moins gras, moins sucré, moins salé ». Santé? Sans doute et nous ne remettrons pas en question la nécessité d'une alimentation équilibré, mais ne s'agit-il pas également du reflet de notre société et des ses normes en matière d'esthétique corporel? Et ces normes s'appliquent-elles à tous les individus sans distinction de genre? Un homme corpulent subit-il la même pression sociale qu'une femme jugée trop « ronde »?


Sarah est, de tous les étudiants entretenus, celle qui semble la plus atteinte par cette pression sociale et paradoxalement il semble que ce soit en partie parce qu'elle s'efforce de s'en détacher. Son double cursus en sociologie et en sciences politiques font d'elle un individu conscient des processus de socialisation, du poids de la société sur les comportements humains et de l'image sociale de la femme parfaite (physiquement et mentalement). Elle souhaite à tous prix ne pas ressembler au stéréotype de la blonde écervelée qui « mange de la salade » mais elle déplore d'être prisonnière d'un comportement alimentaire qu'elle ne parvient pas à maîtriser. Voici un extrait de son entretien que nous analyserons ensuite :


« Par contre après y'a tout le délire du "est-ce que parce que je suis une nana, je fais attention à ce que je mange"...Moi j'suis plutôt très sensible à ce genre de question, j'suis plutôt très sensible à tout ce qui est sociologie du genre, enfin voilà et c'est quelque chose dont j'essaie de me défaire beaucoup, enfin après moi je sais pas, ça me pourri un peu dans le sens où voilà...moi j'ai toujours été une nana mince, je me suis jamais retrouvée dans la position où je devrais faire un régime ou quoi et c'est assez pesant dans le sens où du coup enfin...les délires genre "prendre du poids c'est pas grave" bah j'y arrive pas, alors que c'est clair "OUI c'est pas grave", mais j'arrive pas à le dépasser...En terme de lever les "a priori", de comprendre comment les choses fonctionnent, j'aimerais bien y arriver mais voilà...


Tu penses que c'est parce que tu es une fille, que tu es conditionnée à ne pas vouloir prendre de poids?


Mais clairement! Enfin...c'est parce que je suis une fille, c'est parce que le corps est super important, parce que l'apparence est super importante...enfin tu vois c'que j'veux dire, c'est pas seulement être une fille, c'est être une fille dans un système de consommation où notre corps est vachement utilisé, vachement mis en valeur, où c'est ça la première chose qu'on voit de l'autre, enfin tu vois c'que je veux dire (hum, hum) enfin j'sais pas à partir du moment où t'es pas trop mal roulée et que t'es à la fac...enfin j'sais pas justement moi mon but c'est de pas être juste une meuf pas trop mal roulée, d'être moi et quant à la bouffe, au rapport à la bouffe, bah du coup ça vient un peu foutre en l'air euh...bah justement la dynamique euh tu vois justement d'apprendre des choses, de pas être une plante verte, de pas se laisser marcher dessus, de pas être l'ombre de quelqu'un, surtout pas d'un mec...enfin tu vois ça vient perturber cette dynamique...


Et tu penses que tu ne peux pas être mince, faire attention a ton corps, sans être prisonnière d'un carcan qui te ferait passé pour une "plante verte"?


(Sourire)...J'veux passer pour autre chose que juste une "fille jolie", mais sans abandonner le fait que je suis une "fille jolie"! Y'a quelque chose de cet ordre là, où mine de rien ça te confère un statut, un bien être, tu vois en terme d'image de soi,d'acceptation, de confiance, enfin tu vois...et du coup voilà bah moi y'a des repas que je saute exprès! Parce que 1 : ici c'est pas bon; 2 : j'ai pas le temps et 3 euh...bah j'prendrais pas de poids aujourd'hui quoi! Tu vois c'que je veux dire, y'a un espèce de truc enfin...je bédave, du coup tous les soir jme fume un gros pète et inévitablement j'ai trop la dalle et j'me fais mon bol de lait avec mes BN, mais genre tous les soirs, tous les soirs...et j'sais pas comment te dire genre le paquet j'aimerais tellement le défoncer quoi! Mais vraiment quoi...et en plus c'est trop mon plaisir tu vois que les gâteaux fondent suffisamment dans le lait pour que le chocolat...enfin j'sais pas comment te dire mais c'est un p'tit plaisir et même ce truc la est parasité par le fait que voila...que...il faut pas prendre de poids parce que sinon socialement ce sera dur, beaucoup plus dur. Et enfin voilà...être une fille grosse c'est chaud!


C'est sûr, mais est-ce que vraiment les max. 5 kilos que tu aurais en trop avec tes 4 BN en plus, ça te gênerais socialement, ou c'est pas plutôt un problème de toi à toi, quand t'es devant ton miroir?


Ouai c'est vrai, c'est clair que c'est quand moi j'me regarde que ça pose un problème, effectivement ouai...Alors que c'est un truc que j'aimerais ne pas prendre en compte...mais j'sais pas tu vois y'a des filles qui sont rondes et qui se kiffent telles qu'elles sont tu vois mais j'sais pas c'est quelque chose de l'ordre du "elles sont habituées à l'être" tu vois, elles ont accepté leur corps comme ça, moi j'ai accepté mon corp en tant que "meuf qu'a pas d'seins" et qui est fine et voilà tu vois, du coup voir cette transformation la, ou même imaginer la transformation de mon corp c'est euh...c'est juste pas gérable...non...pas envisageable. Du coup la "mal-bouffe" euh...enfin autant quand je vais au CROUS j'me dis que j'vais faire un vrai repas, autant quand je vais manger une pizza ou un truc comme ça, j'me dis que la portion est pas suffisamment grande pour que je prenne du poids et juste suffisamment grande pour que je meurt pas de...enfin pour que je fasse pas un malaise, enfin tu vois. Y'a quelque chose de l'ordre de "manger suffisamment pour tenir toute la journée" mais en aucun cas se faire plaisir en mangeant, enfin...c'est quelque chose que je connais pendant mes repas de famille mais jamais à la fac, ni dans mon quotidien quoi. C'est donc dû d'une part à la "mal-bouffe", au "pas d'temps" et ceci et cela... et après effectivement un rapport au corps et à la bouffe parce que être une nana c'est...enfin c'est assez angoissant quoi, moi c'que j'fais c'est que je fais plein de truc pour pas avoir le temps de manger...pour pas céder à ce genre de désirs là, de bouffe pas bonne pour le corps, l'esprit, tout c'que tu veux...je me "sur-occupe" pour pas avoir le temps ne serait-ce que d'y penser, j'fume plein d'clopes...enfin voilà quoi, je sais que ça me fait badtriper parfois, parce que j'me dis aussi que je donne pas tout c'qu'il faut à mon corps, en terme de vitamines, minéraux, tout ça...enfin voilà j'me met en carence quoi...


Ok, ça tu te le dis, mais est-ce que tu vas adapté ton comportement...tu vas préférer des sandwichs avec des crudités par exemple ou...?


Clairement pas! Clairement pas mais c'est parce que c'est pas bon! En vrai une salade c'est pas bon! En vrai, dans la vraie vie, une salade moi ça me saoul tu vois? Ça me saoul et en plus, après en terme de représentation moi j'ai pas du tout envie d'être la meuf qui bouffe des salades quoi! Tu vois c'que j'veux dire? (hum, hum) Y'a des meufs qui vont au McDo avec tous leurs copains et qui prennent des salades...genre non! Moi j'prends un BigMac, y'a pas moyen! Tu vois j'mangerais pas d'BN ce soir et puis voilà! (rire) »


Dans cet extrait on peu relever trois choses : Sarah ne veut pas grossir parce qu'elle a peur des difficultés qu'elle devra surmonter en tant que « fille grosse », cependant elle voudrait ne pas se soumettre à la pression sociale qu'elle admet craindre, elle est finalement omnibulée par l'image qu'elle peut renvoyer, qu'il s'agisse d'une femme ne rentrant pas dans les critères de beauté actuelle, ou à l'inverse, d'une femme jolie donc forcément idiote et soumise selon elle. En effet, en refusant de manger de la salade en public, elle refuse d'afficher un comportement alimentaire connoté, associé à la femme, et selon elle, à la femme superficielle. En affirmant que la salade « c'est pas bon », elle semble vouloir dénoncer des effets des normes sociales, de la pression constante qui pèserait sur nous aujourd'hui et nous pousserait à penser que la salade c'est bon, alors que selon elle, c'est faux et purement hypocrite de le dire. On remarquera également les nombreux stratagèmes qu'elle invente pour ne pas manger de salade, tout en ne prenant pas de poids (sauter des repas, manger gras mais peu, contrôle permanent de ce qui est avalé et anticipation sur les prochains repas). Clairement, Sarah présente des troubles alimentaires, en étant autant dans la restriction (je calcule la quantité nécessaire à ma survie et je ne la dépasse pas) que dans l'excès (envie compulsive de « défoncer » le paquet de BN). Il semble difficile de nier qu'ils sont dûs aux normes d'esthétique corporelle des femmes de notre société. De plus, Sarah déclare avoir pratiqué la dans classique pendant plusieurs années et à ce propos, Pierre-Emmanuel SORIGNET2 a écrit un article qui compare les danseuses classiques, leur rigueur et le contrôle très strict qu'elles subissent et les danseuses contemporaines qui apprennent en opposition à libérer leur corps. Nous allons donc réfléchir avec P. SORIGNET au « dressage  des corps entrepris dès l'enfance » qui s'opère dans les grandes écoles de danse classique afin de devenir l'incarnation de « l'image de la ballerine gracieuse », l'une des « figures féminines » les plus représentatives des normes que nous évoquions plus tôt.


Lorsque nous parlions de corps-outils concernant la femme dans nos précédentes réflexions, nous ne pouvions rêver meilleure illustration que la danseuse classique. En effet, ces petites filles qui deviendront femmes sont envoyées très tôt dans ce qu'appelle l'auteur, des « institutions totales »3 où, sans relâche « la technique corporelle » est enseignée mais aussi (et c'est un tout), « la hiérarchie, la discipline et l'ascétisme »4. La ballerine doit être « svelte et menue », ses « membres déliés » et ceci est mesuré au centimètre et au gramme près lors des « pesées mensuelles » où l'on « mesure aussi le taux de graisse » et les « mensurations ». Le « corps légitime » qu'on leur impose est « naturalisé » et la jeune fille ne correspondant pas aux critères incroyablement précis de l'institution se voit jetée dans « l'anormalité », « l'indignité sociale » et transformée par la même en monstre de foire. En effet, non seulement l'institution, les professeurs, les pairs, exerce une pression sur les enfants, mais entre elles, un fort esprit de compétition est encouragé, les poussant constamment à se comparer. Ainsi, elles sont anormales aux yeux des adultes, des représentant de l'autorité mais aussi aux yeux de celles qui devraient être leurs égales, et ce uniquement à partir de caractéristiques physiques et de l'utilisation qu'elles en font. Toute la reconnaissance qu'elles peuvent attendre ne peut en aucun cas découler de leurs qualités intellectuelles, de leur gentillesse, etc.. On ne leur porte de l'intérêt qu'au vu de leur minceur, de leur grâce et au mieux, de leur docilité : « l'être est un être perçu ». C'est précisément cela qui entraîne des troubles alimentaires : l'obsession de ces jeunes filles réside dans la perfection de leur corps (relativement aux normes qu'on leur impose) et la seule emprise qu'elles ont sur lui passe par la nourriture. Pour être socialement acceptées, elle doivent se nier, rejeter jusqu'aux désirs les plus naturels qu'elles éprouvent, cesser d'avoir faim. A moindre mesure, n'en est-il pas de même aujourd'hui pour chaque femme? Comment expliquer que seulement 10% des anorexiques sont des hommes? Encore une fois, peut-on dire qu'il est plus acceptable socialement pour une homme d'être en sur-poids? Pourquoi les hommes n'ont-ils pas de cellulite? Question étrange posée par Rossella GHIGI dans un article retraçant l'histoire de la cellulite, de son apparition dans le langage scientifique à nos jours, en passant par les magazines féminins « Votre beauté » et « Marie-Claire ». Elle montre bien comment la norme physique se trouve souvent malicieusement « au croisement entre santé et beauté », comment on fabrique une maladie pour servir des enjeux de domination d'un sexe sur l'autre, « les relations de pouvoir entre les sexes ».


En effet, comme les chasseurs-cueilleurs qui exclurent les femmes de la chasse et de l'usage des armes et outils, l'homme moderne, pour compenser sa perte de pouvoir lors de l'entrée des femmes dans la vie active, sur le marché du travail, cherche à l'affaiblir physiquement. C'est la thèse esquissée timidement par l'auteure après avoir démontré que la cellulite (en tant que représentant des nouvelles préoccupations esthétiques, apparues dès la fin du XIXème siècle) est probablement une malicieuse invention. En effet, en découvrant un mal propre au femmes5, les médecins auraient produit « un discours performatif reproduisant les inégalités et les stéréotypes sexistes présents dans l'imaginaire collectif ». L'argument clef qui permet à R. GHIGI de montrer que la cellulite a été fabriquée par les scientifiques, consiste à observer l'évolution de sa signification dans le temps. Ainsi, la soit-disant maladie était présentée à l'origine comme « une inflammation du tissu cellulaire ou lamineux »6 et en aucun cas comme un amas de tissu graisseux difficile à éliminer. De plus, lorsque le mot commença à accepter la définition qu'on lui connaît aujourd'hui, sa localisation était très différente mais non moins significative. En effet, c'est au niveau de la nuque et des chevilles que la cellulite se logeait sous la forme d'une « boule graisseuse » et si cela porte du sens c'est qu'à l'époque (« 1937-1939 »), « les parties du corps féminin les plus visibles étaient justement les chevilles et la tête », « la coiffure à la mode (…) commençait à réclamer les cheveux courts qui dégagent le cou et les épaules, en exposant la nuque au regard ». Aujourd'hui aucune publicité pour des produits amincissants ou anti-« peau d'orange » ne mentionne la tête ni les chevilles7. Plus généralement, l'auteure explique que la « lipophobie » qui est née en Europe dans les années 1920-1930 (puis aux États-Unis vers 1950) est caractéristique d'une « société où les conditions matérielles de vie permettent de concevoir le régime comme une option volontaire pour un individu, qu'un corps mince peut être le signe d'une domination de la faim dépendante de la volonté du sujet ». D'ailleurs, c'est parce que la minceur dépend désormais de la volonté de chacun, que la graisse devient « moche et mauvaise en soi », que l'individu jugé trop gros est perçu comme un incapable, négligeant, qui se « laisse-aller ». Or, selon R. GHIGI « la véritable cible de cette culpabilisation pour l'obésité furent les femmes », entre autre parce que les femmes auraient le « devoir propre (…) de se maîtriser elles-mêmes, en laissant à l'homme le devoir (et le privilège) de maîtriser les autres ». Elle ajoute avec son analyse des revues féminines « Marie-Claire » et « Votre beauté » que ceux-ci ont été « un lieu majeur de production sociale du corps féminin, nouveau, « idéal » et « naturel » à la fois (ce qui entraîna comme toute construction de la normalité, des aspects normatifs) ». Cette culpabilisation des femmes en particulier, pendant l'entre-deux-guerre, n'est pas un hasard d'après l'auteure puisqu'elles avaient à cette époque gagné en « visibilité dans l'espace public, à travers une entrée massive dans le marché salarié, l'accès aux loisirs publics, la diffusion de l'industrie cosmétique ». Ainsi, l'impératif de la minceur avait pour rôle de les ramener à des principes tels que « la rigueur, la maîtrise de soi, l'auto-contrôle ». Elle admet néanmoins que cette minceur pouvait et peut encore être vécu par les femmes comme une libération en opposition au corset ou comme métaphore du « détachement des contraintes sociales » comme la maternité. Cependant, elle souligne que la minceur rappel certains stéréotypes associés à la femme depuis toujours et notamment la « fragilité », la « souplesse » (qui, entendue au sens figuré, renvoie à la docilité) et avance que « c'est dans les périodes de bouleversement des rapports de genre et des hiérarchies sociales que l'imaginaire du corps féminin change le plus radicalement, ainsi que la mode féminine et ceci justement afin de maintenir le système de genre ». Pour répondre à notre question (Pèse-t-il sur la femme une pression sociale plus forte que sur les hommes quant à la corpulence?), nous retiendrons de R. GHIGI que la beauté (incarnée dans la minceur) est largement plus plébiscité pour les femmes (magazines de mode et de beauté inexistant ou presque pour les hommes), que la multiplication des discours à son propos (de la part des médecins notamment) semble s'être effectuée en réponse à une certaine émancipation des femmes, comme si la nouvelle place qu'elles prenaient dans la société devait se compenser par un corps moins volumineux, de plus en plus fragile. L'idée principale reste que cette obsession de la minceur et sa diffusion dans la presse féminine et la société toute entière, a été et est encore, le vecteur majeur de « la conception de la femme « en tant que corps » dans l'imaginaire collectif ».

1Faire une note sur le texte trouvé sur la suisse et les troubles alimentaires causés par l'obsession de la maigreure, norme sociale garantissant le mariage.

2Pierre-Emmanuel SORIGNET, « Être danseuse contemporaine : une carrière « corps et âme » », in Travail, genre et société, n°12, nov.2004, p.33-53.

3Le mot « totale » renvoyant au système totalitaire qui contrôle tout, vie publique, sociale et vie privée, qui d'ailleurs n'existe plus.

4« ascétisme » ou ascèse : mot très fort puisque l'idée de sacrifice se cache derrière, d'autant que la notion trouve son origine dans différentes religions telles que le bouddhisme ou le christianisme. Il s'agit de nier son animalité, de se dresser soi-même, de renoncer à tout ce qui est considéré comme faiblesse. L'encyclopédie Universlis propose une bonne définition.(http://www.universalis.fr/encyclopedie/B922131/ASCESE_ET_ASCETISME.htm)

5Le « corps féminin malsain » (Rossella GHIGI), idée récurrente on le sait, la femme hystérique, à la nature instable et toujours plus sujette à la maladie que l'homme traverse les époques depuis l'antiquité grecque.

6Première définition du mot dans la 12ème édition du Dictionnaire de médecine (dirigé par Littré et Robin) en 1873, selon Rossella GHIGI.

7Il s'agit plutôt des cuisses, des fesses et des hanches, parties du corps féminin connotées sexuellement, nous reviendrons sur cette idée ci-après.

Par Marion Roussey - Publié dans : Sociologie du genre
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